• Portrait d'un mondialiste type.

     

    Marc Ladreit de Lacharrière détient majoritairement l'agence de notation Fitch (troisième organisation la plus puissante dans sa catégorie), ce genre de structure responsable de donner des avis sur la solvabilité des entreprises et ainsi induire de façon tendancieuse les échanges économiques mondialisés, (leurs prévisions souvent déterminées par des accointances n'ayant aucun caractère objectif ont largement participé au déclenchement de la crise mondiale de 2008). Né d'une famille noble avec château intégré, oncles spécialisés en droit international et diplomatie. Parcours « exemplaire », études de sciences économiques, lancement de journal féminin, Ena, passages par la Banque de Suez, Banque d'Indochine et de Suez, directeur adjoint, directeur de division d'affaires, houps, virage chez L'Oréal, vice-PDG adjoint, lourdé par la famille Bettencourt et se relançant via la Fimalac, tout en conservant ses rachats du groupe « Masson Belfond Armand Colin ».

    La Firmalac contrôlant l'institut de sondages Sofres et par voie de conséquence Louis Harris France depuis 1991.

     

    Profitant ardemment de la déréglémentation mondialiste, il avance ses positions au cœur d'une agence de notation britannique IBCA, puis acquiert Algorithmics (branché logiciels de gestion du risque financier !), pénétration d'un ogre des médias, Hearst Corporation, prise de contrôle de Korea Ratings, agence de notation coréenne. Rachat de Vega, spécialisé dans l'exploitation de salles de spectacles, de sport et autres (Johnny, Céline Dion, Sardou, Gad Elmaeh, Gerra) puis Auguri Productions (Diam's, Paradis, Juliette), additionne une participation dans le groupe kiffant les hôtels et les casinos (Groupe Lucien Barrière). Ce cher Marc devient en 96 le champion des propriétaires d'immeubles locatifs, en rachetant le patrimoine des AGFI, le faisant muter en la Sefimeg, la revendant, investissant ça et là dans divers champs industriels, LB Chimie, Ruggieri et autres placements façon casino. Surfant de conseils d'administration en participations médiatiques significatives (conseil de la Banque de France, Renault, Le point, l'Expansion, Les Échos, La Tribune, Valeurs actuelles, Le Journal des Finances, etc...).

     

    Il revendra son groupe Valmonde regroupant ses diverses implications à Serge Dassault, raflant 70 millions de francs au passage.

    Président de la section frenchie du Groupe de Bildeberg, il lui fallait acquérir une touch littéraire, chose faite via la Revue des Deux Mondes, lui ouvrant un siège à l'Académie des beaux-arts, puis présidera le conseil d'administration de l'Agence internationale des musées de France, afin d'œuvrer à l'implantation du Louvre à Abu Dabi. Théâtre du Rond-Point et Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis dans la poche (il n'a pas encore songé à financer Nique Ta Mère mais ça ne saurait tarder), obtenant enfin le Graal de la légion d'honneur en janvier 2011.

    Évidemment, devant une réussite aussi parfaitement outrecuidante, il manquait la marque de fabrique propre à tout homme de cette envergure morale à même de signifier combien ce parcours se voulait au service d'un humanisme bon teint, chose faite via la Fondation Agir contre l'exclusion puis l'immanquable Fondation Culture and Diversité (financée à base de 17 millions d'euros annuels, bah quoi, on sait vivre chez les Lacharrière, et le coeur sur la main je vous prie).

     

    Un petit coup du côté des musées méconnus de la Méditerranée, un autre au Jockey-Club, on se finit par une soirée du côté du Polo de Bagatelle, sans oublier le pilier central qu'est Le Siècle. Des ristournes pour les potes, façon mécénat informel, Chirac appréciant son discret parrainage de la Fondation pour le dialogue des cultures (ça change de l'Union des intellectuels européens supervisé par Jean-Marie Le Pen). Membre de l'Ordre de Malte selon l'Express du 2 avril 1998, il évite une schizophrénie latente en déclarant au Monde qu'il est l'un des fondateurs de SOS Racisme (5 février 1992).

    Résumons, « un parcours parfait », constitué de réseaux opaques, de placements opportunistes, sans la moindre cohérence intellectuelle ni éthique sinon celle de faire des profits. Un habillage d'ouverture et de tolérance, une visée unique : faire de l'argent, et ce pour le bien de...Marc de Lacharrière et ses amis. Mais Marc a une conscience, et il a signé l'appel des 16 grands patrons désireux de payer un impôt de solidarité supplémentaire dans Le Nouvel Observateur d'août dernier.

    Qui dit mieux ?

    « Limonov vu de France.La bourse ou la mort »

    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :