• Frankenmonkey, le clonage des primates.

    Frankenmonkey, le clonage des primates.

     

    Des primates viennent d'être clonés, c'est une première mondiale. Nos plus proches cousins, comme l'on a coutume de les qualifier, se porteraient bien, sous cette incarnation d'un genre nouveau. L'exploit scientifique s'est déroulé à Shangaï, sous la houlette des jeunes chercheurs Qiang Sun et Muming Poo, travaillant pour l'Institut de neurosciences de l'Académie des sciences chinoises à Shangaï. Ces expérimentations répondent positivement aux recommandations sur la recherche chez les animaux édictées par les Instituts nationaux de la santé des Etats-Unis. Ces autorités sont culturellement favorables au clonage, que ce soit sur le plan des recherches fondamentales que d'un point de vue strictement sanitaire. La question de leur légitimité à décider pour le reste du monde est posée. Techniquement, cette équipe chinoise a contourné la reprogrammation altérée du noyau de cellule différencié qui lors du transfert ne se recombinait pas correctement (ce qui débouchait sur une descendance non viable chez les primates) en utilisant des drogues épigénétiques. Comme toujours, la première justification éthique des équipes concernées se situe dans le domaine médical, assurant que le but visé (à savoir l'obtention de "lignées" génétiquement identiques) permettra de modéliser les problèmes de gènes défectueux et donc de luttter contre les nombeuses maladies humaines qui y sont relatives. Ce clonage de primate est le dernier stade de duplication avant l'humain, en attendant d'y parvenir, il faut se pencher sur l'étude parue dans Science Advance qui prédit l'extinction complète des singes dans 25 à 50 ans. L'individuation organique passe par la diversité biologique, et il est assez cynique de constater que les défenseurs du clonage prétendent réinjecter des espèces disparues alors que cette pratique contribue à l'élimination des espèces (notamment en justifiant la capture pour approvisionner les laboratoires). Quid de la notion d'origine si des êtres conscients naissent de telles expériences ex nihilo ? Quid du principe de généalogie, d'identité, de passé et donc de temporalité ? Ne pas envisager le risque maximal lié à cette pratique, à savoir bel et bien le clonage humain, c'est au minimum de la dénégation, le plus sûrement un pari fou sur l'avenir. Le bilan de ces expériences n'est pas comptable, et ne peut se limiter à la question médicale, mais est bien ontologique, à savoir rationnel. L'amélioration du genre humain passe-t-elle pas l'anéantissement de sa nature propre ?

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